On the road ag’Aisne : de l’Eurovélo 3 au Familistère Godin

Eh oui, je recycle mon jeu de mot produit sur Instagram : il fait chaud, mon cerveau est en service réduit.

Il y a donc quelques semaines maintenant, réveil aux aurores et me voilà dans le train, direction Laon, dans l’Aisne, si vous ne l’aviez pas compris. Laon, c’est à à peine 1h30 de train depuis la Gare du Nord et c’est une chouette ville à visiter, avec une des plus vieilles cathédrales françaises et un passé historique important. Mais cette fois, nous ne resterons pas à Laon, nous avons pris la route, direction Guise. Et là, je suis en terrain connu, je suis « born and raised » à quelques kilomètres de là. Enfin, je croyais être en terrain connu, mais pas tant que ça, car j’ai fait de merveilleuses découvertes qu’il me tarde de vous faire découvrir.

Après avoir récupéré nos vélos, mécaniques je précise, à la Boutique Les Copains de Thiérache, nous voici en train de pédaler sur l’Eurovélo 3 en direction de Proisy. Pour faire simple, l’Eurovélo 3, appelée aussi la Scandibérique, part de Trondheim en Norvège et se termine à Saint-Jacques de Compostelle. Le tronçon Guise-Proisy, que nous avons emprunté, m’a fait un bien fou : pédaler à travers des paysages bucoliques, traverser des champs et des morceaux de forêt, humer les bonnes odeurs de la campagne, apercevoir des magnifiques églises fortifiées, c’est particulièrement appréciable, surtout en ces temps compliqués de pandémie.

Une fois arrivées à Proisy, nous avons pénétré le royaume d’Hélène et de ses plantes sauvages, Hélène qui nous a préparé et servi un déjeuner exceptionnel réalisé à base de plantes sauvages exclusivement ramassées autour de chez elle ou dans son jardin.

Avant de passer à table, nous nous sommes baladées dans le magnifique jardin d’Hélène, constitué exclusivement de plantes sauvages :

L’atelier d’Hélène, sa cuisine où elle dispense son savoir et ses cours de cuisine autour des des plantes sauvages :

Pour le déjeuner, Hélène nous a préparé :

  • des toasts de consoude :

 

  • une tartinade de chèvre frais au lierre terrestre :

 

  • un pesto de soucis et de lampsanes

 

  • un tartare de courgettes à l’armoise, un cake à l’achillée millefeuille, une salade aux bourraches, soucis, roses, pois de senteur et onagres, du riz nerone accompagné de tomates séchées, galanga et berces… une tarte à la rhubarbe et aux fleurs de sureau servie avec une crème anglaise au lait de riz et reines des prés.

Et pour finir, une délicieuse infusion à la rose du jardin :

 

Après la dégustation de ce délicieux déjeuner, nous avons enfourché nos bolides à deux roues pour se rendre au Familistère Godin de Guise, complètement rénové, où nous attendait une visite guidée.

Point histoire : Étymologiquement « établissement où plusieurs familles ou individus vivent ensemble dans une sorte de communauté et trouvent dans des magasins coopératifs ce qui leur est nécessaire », construit en s’inspirant du phalanstère de Charles Fourier, le familistère de Guise voulu par l’industriel Jean-Baptiste André Godin pour l’hébergement de ses ouvriers, est un haut lieu de l’histoire économique et sociale des XIXe et XXe siècles.

Godin veut offrir confort et bien-être à ses ouvriers, c’est dans cet objectif qu’il va créer le familistère offrant des appartements confortables, des espaces communs où l’échange est roi, une école, un théâtre, des économats etc…

Le Familistère comprend plusieurs ensembles de bâtiments :

  • le « Palais social », formé d’un pavillon central encadré par deux ailes de taille un peu plus modeste, destiné à l’habitation, le pavillon Landrecies et le pavillon Cambrai, situé à l’écart du Palais social en face de son aile droite, lui aussi destiné à l’habitation. C’est le bâtiment le plus tardif, construit en 1883-1884,
  • la nourricerie et le pouponnat, à l’arrière du pavillon central du Palais social,
  • le bâtiment des économats, en face de l’aile gauche du Palais social,
  • le bâtiment des écoles et du théâtre, en face du pavillon central du Palais social,
  • la buanderie, bains et piscine, située sur l’autre rive de l’Oise, du côté de l’usine.

Extérieur du « Palais social » :

Intérieur :

L’école et le théâtre :

La piscine :

 

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette journée au vert, la balade en forêt, la découverte de la cuisine et du savoir d’Hélène, l’enthousiasme débordant de Jérôme Caron, notre guide au Familistère et la bonne humeur distillée toute la journée en compagnie de Eloïse et de Lise. Il est certain que je referai cette balade et que je ferai découvrir mon « coin ». J’aime l’Aisne.

Un grand merci à l’Agence Aisne Tourisme pour l’organisation de cette journée bucolique et finalement très dépaysante.

 

 

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