Mon rapport à mon corps.

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On m’a souvent demandé quel régime j’avais fait. Et pas plus tard que la semaine dernière.
Et j’aime m’entendre répondre : une bonne dépression.
Souvent je vois un peu de gêne dans le regard de la personne qui m’a posé la question et généralement je m’en fous. Et ce pour plusieurs raisons : parce que c’est vrai, j’ai perdu 25 kgs en 3 mois à cause d’une dépression qui m’a foutue KO, parce que je trouve ça toujours un peu intrusif de faire remarquer à une personne qu’elle a perdu beaucoup de poids, ce qui sous-entend qu’elle en avait à perdre et pour finir, ça ne regarde que ma balance et moi, ma perte de poids, non ?
Sauf quand JE décide de vous en parler.
C’est ce que je viens faire.
D’un point de vue médical, je n’ai jamais été maigre, ça c’est sûr mais je n’ai jamais été obèse, ça c’est sûr aussi. J’ai toujours été ronde. Oscillant entre un 40 ou 42, voire 44 quand la période était faste, comprenez quand je mangeais pour remplir un vide (j’en ai pris conscience tardivement). Mais de mon point de vue, je me suis toujours trouvé énorme.
J’ai eu une adolescence de merde, hyper mal dans mes baskets, j’avais tendance à prendre du poids, à faire un régime, à manger, à maigrir, bref, à faire n’importe quoi. Et cette période a duré longtemps. Je n’ai jamais été à l’aise dans mon corps à vrai dire.

Elle a même duré très longtemps cette sale période, près de deux décennies. Jusqu’à cette fameuse dépression, celle qui m’a clouée au lit 3 mois durant, celle qui m’a empêchée de manger. 25 kgs en 3 mois.
Faut dire que l’année précédente avait été compliquée : la rupture avec l’homme que je considérais être l’homme de ma vie et deux deuils que j’avais recalés dans un coin de ma tête qui ont resurgit tels des diables de leur boites.
Bref, voilà le contexte.
Depuis 2013, donc, je pèse entre 58 et 60 kilos pour 1m68. Je porte des jeans en 36 et du S mais je souffre de dysmormophobie (légère) : je n’arrive toujours pas à voir mon corps tels qu’il est. Je me vois toujours grosse. Je suis encore étonnée quand j’achète un jean et que je rentre dans la plus petite taille. Je suis encore étonnée quand je vois des photos de mon ancien corps. Je ne me reconnais plus. Mais je ne me reconnais pas encore tout à fait dans le nouveau.
Ça vient tout doucement. Et un peu plus chaque jour, il me convient.

Pourquoi tout ce laïus me direz-vous, n’est-ce pas ?

Ma perte de poids est due à une maladie. Oui. Cette maladie, finalement, a été une chance. Sur de nombreux points, mais aussi sur celui-ci. Aujourd’hui, je considère ce moment difficile comme un reboot. Vous savez ce moment où on plonge dans une piscine la tête la première, qu’on touche le fond avec les orteils et qu’il y a « cette impulsion » presque magique. C’est cet effet que j’ai ressenti.

J’ai mis un point d’honneur à ne jamais reprendre de poids, ou du moins, à stabiliser mon poids. Après la dépression, j’ai repris un peu de poids, normal me direz-vous, puisque j’ai recommencé à manger après une période de jeûne forcé. Et puis, j’ai entrepris de stabiliser mon poids.  Autant en profiter, n’est-ce pas.

J’ai jeté toutes les fringues devenues trop grandes, éclaté mon PEL pour me rhabiller, devoir tout racheter, de la petite culotte au manteau, ça chiffre hein. Hors de question de regrossir.

Mais surtout : j’ai revu mon alimentation. Je ne vais pas vous rabâcher ce que je vous ai déjà écrit à maintes et maintes reprises : mon corps est le reflet de ce que je lui fais ingérer. Tant en alimentation qu’en émotion. Et souvent, ça va de paire. Parfois, l’un est avant coureur de l’autre : en période de stress ou d’angoisse, je n’arrive pas à m’alimenter, c’est devenu un parfait indicateur que j’écoute dorénavant sans sourciller. Et quand tout va bien, je mange… à ma faim. Parfois, à faim de loup, parfois à faim de moineau. Je ne me force pas… ni dans un sens ni dans l’autre. Et je me régule.

J’ai également instauré des périodes de jeûne dans ma routine, au delà de faire du bien à mon organisme et de le détoxifier, il me permet d’avoir les idées plus claires. Essayer, c’est l’adopter. « Jeûner » peut parfois effrayer et susciter pas mal de questions, la seule réponse que je peux donner est la suivante : essayez. Vous trouverez quelques ressources intéressantes sur les bienfaits du jeûne sur le net ou en librairie.

Et je bouge. Je marche beaucoup, je ne conçois pas d’être sédentaire. Depuis que j’ai changé de boulot au début de l’été, je suis plus souvent derrière mon ordi, et bien, pour palier à cela, le soir, je m’arrête à République et je marche jusqu’à Nation, où je reprends le métro. En plus de faire du bien au corps, la marche m’a toujours permise de réfléchir, je suis une péripatéticienne, je discute avec moi-même en marchant. J’ai pris pas mal de décision Boulevard Voltaire ! 😉

Après le corps, y a eu la gueule. Ma tronche. Ma gueule cassée. Ma cicatrice. Mes points de suture. Ma paralysie faciale. En plus de mon corps en mutation, il a fallu gérer mon visage. Il a fallu l’apprivoiser. Et puis j’ai appris à le mettre en valeur. A faire du handicap, une force. Je sais que pour le commun des mortels mes points de paralysie restants ne sont plus visibles, évidemment moi je les vois toujours, mais ils font partie de moi. A vie. Alors bon, au lieu de me battre et dépenser de l’énergie pour rien, autant les accepter et vivre avec.

Cet article a ni queue ni tête. Mais je crois que j’avais besoin d’écrire et de mettre des mots sur mon rapport au corps, à mon corps. Mine de rien, ce corps, c’est le mien. Avec ses défauts, ses imperfections, mais avec cet envie de gravir des montagnes. C’est d’ailleurs peut-être pour ça que j’aime le photographier, pour voir son évolution et l’apprivoiser.

PS : J’ai pris le parti de ne pas parler de mes tatouages dans cet article même si je sais pertinemment qu’ils font partie de ma métamorphose physique. Mais cela, c’est encore un autre point que je développerai plus tard.

2 Commentaires

  1. Le rapport à son corps est définitivement un sujet des plus personnels. Quoi de plus pénible que ces réflexions qui se veulent « bienveillantes », mais en fait non.
    Le plus important est que tu te sentes bien autant que possible dans ton corps, ta tête, tes fringues…
    Des bisous <3 <3

  2. C’est bien de poser des mots sur les maux du corps.

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