Etre accro à quelqu’un : amour ou addiction ?

Dans les premiers mois d’une relation, l’autre agit-il comme un poison dont on ne peut pas se passer ? Ce poison qui nous empêche de penser au « je » mais plutôt à « il », ce poison qui nous ronge quand l’autre ne répond pas assez rapidement à un sms, ce poison qui nous tient éveillé-e parce que notre dose d’héroïne n’est pas près de nous ?

Aujourd’hui, à l’ère de l’hyper communication permanente, « être accro » prend tout son sens. Ce besoin permanent d’être en contact. Mais du coup, est-on accro à la relation amoureuse ou à l’autre ? Ou au deux ? Aime-t-on la douce sonnerie du sms ou le sms en lui-même ? Aime-t-on le côté « doudou » de la communication ou l’expéditeur ?

Quand le sms, WhatsApp and co n’existaient pas, comment faisions-nous ? N’était-ce pas plus simple ? On ne se demandait pas constamment après un rencard si l’autre allait nous écrire ou nous ghoster, si le sms de « bonjour » allait recevoir une réponse, bah non, on ne posait même pas la question. Loin de moi le « c’était mieux avant » mais force est de constater que nous étions moins névrosés. On perdait plus de temps, certes, mais l’immédiateté n’est pas toujours salvatrice.

Est-on accro à l’autre comme on est dépendant à la nicotine ? Oui, je le pense, au moins, dans les premiers mois de la relation, j’en suis presque sûre. La passion, la fusion sont des preuves que le cerveau répond à des stimuli extérieurs et sécrète en abondance des hormones, puis, au fur et à mesure que l’histoire s’installe, l’addiction tend à se stabiliser, à faire moins mal, la drogue dure devient douce. Attention, je ne dis pas que la relation passionnelle ne dure que quelques mois et qu’elle est forcément douloureuse, grand dieu, je n’en sais foutre rien, nous sommes tous différents, ce que je sais pour l’avoir vécu, et le vivre encore, c’est que la boule au ventre qui a pu se faire sentir parfois disparait à un moment. En fait, elle tend à s’effacer quand on l’a identifiée. Ça peut prendre un peu de temps, mais elle partira.

Même quand la relation est saine, que tout roule sur des roulettes sur un parquet ciré, que le mec est fiable, qu’il ne fait jamais de promesse qu’il ne va pas pouvoir tenir, qu’il est droit dans ses bottes, mais qu’en face, on n’a pas l’habitude, plus habitué à se manger taule sur taule, pareil, la boule au ventre apparait : et si tout était trop parfait et que tout s’arrêtait dans la minute ? On va s’autoviolenter, simple, basique comme dirait Orelsan : dès qu’un sms tarde parce que l’autre est en réunion et qu’il a eu le malheur de ne pas nous prévenir, ou que tout simplement sa temporalité est différente de la notre, la boule au ventre va apparaitre : « gneugneugneu, il va me ghoster, gneugneugneu, il ne veut plus de moi, gneugneugneu, tout est fini entre nous ». Mais dans quel but, bordel ? Tout va bien, il est en réunion, pourquoi l’atmosphère idéale de la veille aurait disparu ? Pourquoi ? parce que tout simplement, on aime se faire du mal… pour rien. Comme dirait une amie très chère : « est-ce qu’on se demande après un diner avec une copine si elle va encore avoir envie de nous voir ? » bah non ! bah avec lui c’est pareil. Pas la peine de se saboter. Une fois qu’on l’a compris, c’est tellement plus facile.

Bon ben maintenant, je vais vous dire un truc : j’ai pas les réponses universelles aux questions posées plus haut. Je pense qu’on les a toutes et tous en soi, qu’il faut juste savoir se les poser au bon moment, avant que la relation ne devienne peut-être un peu trop douloureuse, pas à cause de l’autre, mais uniquement parce qu’au lieu d’y réfléchir, de se pencher sur nos travers et de se remettre un peu en cause, on préfère mettre fin à l’histoire. Et recommencer, encore et encore. La seule réponse que je peux fournir, en revanche, c’est que amour et addiction ne sont pas incompatibles.

Pourquoi les gens prennent-ils des drogues ? pour le plaisir qu’elles procurent. CQFD.

Laisser un commentaire