Moi, Aurélie, femme encrée.

Tattoo & coffee

Trois choses sont incontestables, le degré de la dernière dépend de la qualité de mon sommeil de la nuit précédente. Ces choses sont : je suis une femme, je suis tatouée, très mais pas trop, et je suis une indignée.

Oui, encore un billet d’humeur.

Depuis longtemps, j’observe et je vis un phénomène pénible et la semaine dernière il s’est définitivement concrétisé dans ma tête : la femme tatouée n’est pas un animal comme les autres.

La femme tatouée est à part. Elle attire l’oeil, elle excite surement, mais elle est considérée comme une femme différente des autres. Elle inspire moins de respect, elle respire la « badassitute », on la considère comme une délinquante, bref, la femme tatouée fait flipper quand elle ne dégoute pas.

Je n’exagère pas. Tout cela, je l’ai vécu, je le vis et j’imagine que je le vivrais encore.

Petit florilège :

Il y a quelques années, un petit-ami m’a dit lors de la rupture que mes tatouages ne lui donnaient pas envie de me traiter comme une princesse, plus envie de la sauter que de la câliner. Perso, je ne suis pas une fan des Disney et je ne ressemble pas à Cendrillon ni à la Petite Sirène, donc dans l’absolu, être traitée comme une princesse relève plus d’un principe machiste qu’autre chose. Mais, parce qu’il y a un mais, si je creuse, « être traitée comme une princesse » signifiait plus « être respectée en tant qu’individu de sexe féminin ». En plus de ne pas se voir apporter le café au lit le matin, la femme tatouée est considérée comme « moins bien » que la femme non-tatouée, bah ouais, l’encre ça pollue le cerveau et du coup, on réfléchit avec autre chose, quoi, je ne sais pas encore quoi mais autre chose. D’accord. C’est une dure à cuire (bon, c’est sûr qu’une séance de 5h dans le dos ou sur la cuisse, ça douille et ça endurcit) mais n’empêche que nous sommes également faites de sentiments et que sous toute cette encre bat un petit coeur.

La semaine dernière, à Pigalle, mes copines et moi décidons de prendre un verre, on s’installe à une terrasse. A coté de nous un couple, le monsieur, âgé d’environ 75 ans, me chope le bras droit au moment où je lui demande si la place est libre pour lui prendre la chaise. MAIS BORDEL QUI T’A DONNÉ LE DROIT DE ME TOUCHER SANS M’AVOIR DEMANDÉ MON CONSENTEMENT ?? Il me congratule pour la beauté de mes tatouages, et me demande si j’en ai d’autres sur le corps. Je hoche la tête, et là, son regard lubrique et lui me disent : « faudra que vous me montriez tout cela un de ces quatre ». NORMAL. Je suis tatouée donc pas de problème, on peut me toucher. Je suis tatouée et évidemment, me foutre à poil devant un vieux pervers dégueulasse me faire triper. Donc, quitte à casser des fantasmes, non la femme tatouée ne se met pas nue à la moindre demande pour répondre à un fantasme malsain. Son corps lui appartient et il lui faut un minimum de séduction, bordel (Je blague hein). Une autre fois dans le métro, on m’a demandé si mes tatouages étaient des vrais. Mais pour me le demander, la personne a du me toucher, j’imagine que c’était pour s’assurer que je savais de quoi elle parlait quand elle parlait de mes tatouages sur MES BRAS, au cas où, je ne saurais pas où sont MES BRAS et que ma capacité d’abstraction serait altérée par tant de conneries. Autre anecdote, lors d’un concert, une nana que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, situé derrière moi, me glisse dans le creux de l’oreille : « tu as des très beaux tatouages, j’espère que tu es tatouée sur les seins… » Je précise que lors de ce concert, j’était habillée hein. Mais WTF. Le malaise total. Alors forcément dans ces situations, on devient un peu badass puisque dans ces cas-là, j’ai juste envie de flanquer un coup de poing dans la tronche des ces abruti-es.

Depuis que les beaux jours ont repointé le bout de leur nez à Paris, la femme tatouée a, comme tout autre être humain dans ce cas-là, chaud, elle porte donc des tee-shirts, des débardeurs ou encore des shorts. Elle se nourrit, elle doit donc faire ses courses (bah oui, rappelez-vous, ce n’est pas une princesse alors personne ne les fait pour elle), elle est donc régulièrement suivie dans les supermarchés, et autres échoppes. J’ai toute une liste de commerces que je boycotte pour cela. Je ne vous raconte pas à quel point c’est horrible d’être suivie par un vigile dans tous les rayons.

Du coup, je vais surement vous étonner : je suis tatouée, oui, mais cela ne fait pas de moi une personne différente. Je réfléchis avec mon cerveau. Et j’aime avec mon coeur.

Vous allez surement penser que j’exagère et que toutes ces petites anecdotes sortent uniquement de mon imagination, mais je peux vous assurer que non. Et si vous voulez j’en ai encore un sacré paquet dans ma besace !

3 Commentaires

  1. Il m’arrive parfois de regarder les garçons et les filles tatouées dans la rue, mais parce que je trouve ça beau et que ça me fascine en fait. J’ai 46 ans, et ça doit bien faire 10 ans que j’ai envie de me faire tatouer et que je ne le fais pas … par peur de choisir le mauvais dessin et de regretter ensuite. 🙂

    1. Dans ce cas, la personne que tu regardes sent ton regard bienveillant. On sent tout de suite si ce regard est plein de jugement mais si le regard est bienveillant, d’admiration pour l’artiste etc… on le sent tout de suite et généralement, je souris à la personne. 🙂

  2. Mazette, je ne pensais pas que c’était aussi poussé, c’est quand même dingue ! On peut pas laisser les gens tranquilles à un moment ?

Laisser un commentaire